Dans la nuit du 29 au 30 septembre 1993 un séisme de magnitude 6,2 touche l’état du Maharashtra en Inde faisant 10’000 morts. Les rescapés restent seuls avec leurs questions.
“Qu’avons-nous fait aux dieux pour mériter cela ?” Le vieil homme se tenait la tête entre les mains, assis sur les ruines de sa maison, au milieu de son village dévasté. Il avait tout perdu. Sa famille, ses amis, son toit, ses biens … Il restait seul avec ses questions.
Et lorsque le malheur frappe, avec autant de violence et aussi soudainement, il n’en reste finalement qu’une seule : “Pourquoi ?” Le mal reste une énigme, quand il frappe les innocents. Alors il faut un coupable : “à qui la faute ?” L’absence de réponse est intolérable.
A propos de l’effondrement d’une tour qui avait fait dix-huit morts, Jésus demanda : “Croyez-vous que ces personnes étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?” Ni plus, ni moins. Croyants ou athées, le malheur touche les uns comme les autres, les bons comme les méchants, nul n’est à l’abri.
Alors : à qui la faute ? Quand le malheur est tel qu’il ne peut y avoir de coupable, l’homme finit par s’accuser lui-même : “Qu’ai-je fait pour mériter cela ?” Il est vrai qu’il y a des situations dont personne ne peut-être rendu directement responsable. Le malheur est alors d’autant plus grand qu’il reste inexplicable. Mais combien d’autres détresses sont, elles directement sous la responsabilité des hommes ? Il est vrai que la famine est parfois une fatalité, mais lorsqu’elle est utilisée comme arme : à qui la faute ? Il est vrai que la guerre échappe même à ceux qui la conduisent, mais lorsque des enfants en sont les otages : à qui la faute ? Il est vrai que la drogue est un fléau universel, mais lorsque tant d’intérêts financiers sont en jeu : à qui la faute ?
Peut-être que Dieu lui-même face au spectacle du monde doit parfois se poser la question : “Qu’ai-je fait aux hommes pour mériter cela ?”
8 octobre 1993