Une église en chantier

Ceux qui se sont aventurés récemment dans le temple de Commugny ont été surpris. Le bruit du marteau-piqueur a remplacé le son de l’orgue, les brouettes ont pris la place des bancs, jusqu’à la chaire remplacée par un petit trax à chenilles. Quant aux fidèles, ils ont émigré provisoirement vers les temples de Coppet et Céligny jusqu’au retour de la belle saison. Pas de doute, l’église est en chantier. Des travaux rendus nécessaires par la dégradation, due à l’humidité, des maçonneries du Moyen-âge.

Ceux qui s’intéressent de près à la vie de notre Eglise l’ont appris, un projet de réforme pour une Eglise A-Venir a été soumis au synode de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud qui en débattra les 7 et 8 novembre. Pas de doutes, l’Eglise est en chantier. Une réforme rendue nécessaire par la dégradation, due à la crise, de la situation financière de l’Etat.

Dans les deux cas, la tentation est grande de restaurer à l’ancienne, de reconstruire à l’identique. Une restauration réussie n’est pas celle qui vise à restituer un état antérieur, mais celle qui permet à un édifice de s’adapter à de nouvelles réalités. C’est le cas du temple de Commugny. C’est aussi, je crois, le cas du projet pour une Eglise A-Venir. C’est la leçon de la vie et de la nature : la fidélité aux origines n’empêche pas l’adaptation à la réalité. Les réformateurs du XVIème siècle en étaient convaincus : l’Eglise est toujours à réformer. On pourrait dire que l’Eglise est toujours en chantier. Et dans ce chantier dont nous sommes tous les ouvriers, “Si le Seigneur ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain!”  Psaume 127,1

7 novembre 1997

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