Fruits de la terre et du travail des humains (I)

Nombre de nos paroisses vont vivre ces prochains dimanches la Fête des Récoltes. C’est à l’évidence une fête rurale. Elle trouve son origine dans un contexte économique et social marqué par une civilisation agricole. De nos jours, le contexte a changé. Nous vivons dans une civilisation industrielle, voire même postindustrielle. Alors certains peuvent se demander : est-ce que cela a un sens de célébrer la Fête des récoltes?

Dans les civilisations traditionnelles, on s’en remettait aux dieux pour que les récoltes soient bonnes. Il arrivait même à l’occasion qu’on sacrifie des êtres humains pour obtenir la faveur de telle divinité. Depuis on a appris que les cycles naturels obéissaient à certaines règles. On a amélioré les techniques de production et de lutte contre les maladies et les parasites. Bref, on a réussi à maîtriser un processus qui paraissaient à nos lointains ancêtres comme très mystérieux. Il n’est donc plus nécessaire de s’en remettre aux dieux. A l’heure où l’on constate certains effets pervers de l’industrialisation de l’agriculture (surproduction, maladie de la vache folle, atteinte à l’environnement…), à l’heure où une logique économique implacable bouleverse les structures économiques et sociales (délocalisation, chômage, baisse des salaires, fragilisation des conditions de travail…), une réflexion sur le sens du travail et les fruits qu’on en retire est de plus en plus nécessaire.

La Fête des récoltes, c’est une fête de reconnaissance, une fête pour dire merci à Dieu. Le remercier pour les fruits de la terre, mais aussi pour les fruits du travail. Les deux sont importants quel que soit le contexte culturel, économique, social ou politique. Les agriculteurs le savent et nous le rappellent : sans travail, la terre ne peut produire son fruit et le travail sans terrain où l’exercer ne donne pas non plus son fruit. Cela est vrai pour tout travail et pas seulement pour le travail de la terre.

Ce n’est alors pas trop par les temps qui courent, une fois par année, de remercier Dieu pour les fruits de notre travail et de le prier pour que les conditions dans lesquelles il s’exerce soient bonnes.

27 septembre 1996

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