Un dieu vulnérable

Nous nous sommes sentis bien vulnérables en cet automne 2001. Il y eut le 11 septembre et l’effondrement des Twin Towers. Puis le 27 septembre la tuerie de Zoug. Le 2 octobre avec le grounding de Swissair, c’est le symbole de notre réussite et de notre stabilité qui a vacillé. Enfin le 24 octobre, l’incendie du tunnel du Gothard. Et si Dieu lui-même se révélait vulnérable?

Le dieu qui naît à Bethléem est un dieu vulnérable. Tout le dit dans le récit de Noël. Un couple de sans-abri. Une naissance à l’écart. Des innocents persécutés. Les routes de l’exil. Le sort des exclus. On y lit la précarité de l’existence. On y découvre la fragilité de la vie. Rien de nouveau pour l’homme. Pour Dieu, c’est différent. Il n’échappe plus à la condition humaine. Depuis le premier Noël, Dieu a lié son sort à celui de l’humanité.

On l’imaginait à jamais régnant sur l’univers infini, Lui le Tout-Puissant, l’Eternel, l’Au-delà de toutes nos limites. Le Messie n’est pas le surhomme attendu. Le Sauveur devient victime. Stupeur et scandale. Si loin de nos images de perfection, de notre attente de merveilleux, de notre quête de surnaturel, Dieu se révèle par trop humain. Et tant pis pour nos fantasmes de toute-puissance, nos rêves de grandeur, nos désirs de réussite, Dieu se révèle vulnérable. C’est ainsi qu’il peut rejoindre l’humain là où on ne l’attend pas. C’est ainsi que nous pouvons le rencontrer là où Lui nous attend.

La vie souvent nous fragilise. Un échec professionnel ou sentimental, la maladie, le chômage, le deuil, la peur de l’avenir, la solitude, l’angoisse de vivre et nous nous découvrons vulnérables. Dans nos fragilités, Dieu nous rejoint. Nous redécouvrons alors des forces de vie insoupçonnées. En nous l’histoire se répète, le miracle se renouvelle. C’est alors que nous pouvons naître à nous-mêmes, naître à la vie de Dieu, en un mot renaître. C’est alors Noël.

25 décembre 2001

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